Sur le chemin des elephants

Sur le chemin des éléphants

Bangkok, Ayutthaya, Surin, Ban Tha Klang : lente mais inexorable plongée dans le coeur du pays, vers le monde des elephants.

La campagne birmane était derriere nous, bien au chaud dans ses frontières sentimentales lorsqu'après une semaine à Rangoon, on débarque pour une autre semaine a Bangkok. Nous voila rats des capitales, faute de rats de bibliotheque ou de librairies. Retrouvailles avec Bangkok, ma foi, on l'a appréciée. Ici, pas besoin d'aller chercher bien loin pour être conquis. On déguste les parcs, le fleuve, les marchés, en esquivant les baffes du tourisme, parfois caricatural ici. Le fond de grabuge politique médiatique ressemble ici a de festifs rassemblements et défilés des "rouges" et des "jaunes". Il faut dire que c'est l'anniversaire du roi (on était alors le 5 Decembre), la hache de guerre est enterrée pour l'occasion, c'est la fête.

On s'immerge donc en suivant les odeurs des cuisines nomades qui caracolent dans les rues à toute heure.

Lorsqu'on est suffisamment criblés de sensations, on se réfugie dans un logis improbable : du calme, un jardin, du café a toute heure et même du Wifi! Et, en prime, une séance mémorable chez un dentiste : sans rendez-vous, en trente minutes, on a droit a un renouvellement de plombage high-tech, en résine, le tout pour seize euros. Quand on voit la qualite du service et les prix, on ne s'étonne pas de l'essort du tourisme medical en Thailande. Un petit soin dentaire est une emplette comme une autre ici.

C'est ici aussi, que nous disons au revoir a John, dont on vous reparlera plus tard, mais chuuut... on a promis de ne rien dire pour l'instant. Ce personnage de roman, rencontré à Rangoon, nous a associé a un moment important de sa vie. La suite, aux alentours du printemps...

On prend la route d'Ayutthaya, la ville aux centaines de temples, quintessence du sublimissime et tout l'toutim, et aux centaines d'éléphants, magnifiscence plus deroutante mais non moins splendidissime. Les pachydermes ont revêtu leur costume trois pièces  à l'occasion du gargantuesque festival d'Ayutthaya : Dix jours de déploiements tous azimut pour célébrer la ville historique, ancienne capitale royale.


 

Vous en voulez des cérémonies, démonstrations, sons et lumières, feux d'artifices, marchés populaires, spectacles... De jour, de nuit, soleil et pleine lune sont dans le coup ! On ne plaisante pas avec la cité des rois.

Pour nous, le must, c'etait les jours passés dans le Kraal royal des éléphants. Cet ancien enclos ou étaient rabattues les bêtes sauvages est toujours en activité, reconverti en camp d'éléphants. On s'y balade librement, on suit les animaux et leur mahout, on parle avec eux.


 

Les éléphanteaux sont en liberté et plutot joueurs, voire bagarreurs. Valou, qui en sera quitte pour un roulé-boulé en a fait les frais : on ne joue pas d'égal à égal avec un piou-piou de 200 kilos ! Message recu.

Maintenant, on est fin prêts pour s'enfoncer dans l'Isan, vers l'Est. A Surin, plus grand monde ne parle anglais : c'est la croix et la banière pour avoir des infos pour rejoindre Ban Tha Klang, un autre village d'éléphants. C'est très peu touristique mais fort chaleureux, alors, on s'embarque dans un bus sans savoir vraiment ce qu'on va trouver au bout.

Une surprise de roi nous attend : on peu s'héberger chez l'habitant, dans ce centre d'étude des éléphants. Voila, le temps des éléphants est vraiment venu, avec une immersion complète dans la vie de ces gens qui vivent et travaillent pour leurs animaux. Enfin, immersion partielle, car on doit faire sans le langage, ce qui limite un peu les choses... Du coup, on est très forts en mime, maintenant. On sait même mimer un horaire de bus, un café glacé ou une cabine teééphonique. Dommage, le premier jour, on ne savait pas encore mimer le petit d้jeuner. C'est pas grave, c'est bon quand même la soupe de riz et le poulet épicé à six heures du matin. Une chance, encore un peu c'était des insectes grilleé! On a appris à mimer les fruits depuis...

Notre famille d'accueil possède trois éléphants et il y en a partout autour de la maison. On est bluffés par le comportement des bêtes, mi-fascinés, mi-effrayés lorsqu'ils passent à deux mètres de nous (jamais sans leur mahout). Ils peuvent être vraiment drôles, malins, mais aussi en colère, et là, on ne se mettrait pas en travers de leur chemin. Extrêmement rapides à réagir, agiles, puissants : un éléphant qui se met àcourrir, ça pulse! Les mahouts sont très sereins. Ils les maitrisent parfaitement. Ce peuple, les Kuay, élèvent des éléphants depuis toujours. Chaque village tient à jour la généalogie de ses bêtes et conserve leurs ossements à côté de la maison des ancêtres.

Maintenant, on va quitter le camp. On retrouvera d'autres éléphants plus tard, au Laos.