Kampot, Kep

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On progresse le long de la côte Sud, en abandonnant sans regret Sihanoukville, bien que, en fouinant un peu on y ait trouvé quelques beaux endroits et des marchés populaires bien sympathiques. On pose nos baluchons à Kampot et c'est là qu'on aura eu vraiment la sensation d'arriver au Cambodge. Une bourgage tranquille, beaucoup moins touristique, dont on peut sortir aisément. On sent la ruralité se rapprocher... hum, ça sent bon la terre! Y a qu'a voir l'allure des stations essence des qu'on sort du centre...

C'est vrai que, pour nous, les villes ne sont plaisantes que lorsqu'on peut en voir les limites, en pressentir les alentours. Ce sont des promesses d'horizons, la rumeur des lointains, et parfois... la désillusion des espaces hostiles. Les chemins des libertés jouent avec l'inattendu, se jouent de nous parfois, de nos croyances et suppositions. C'est ça qu'on doit appeler l'espoir, et qui nous fait décider d'aller voir de plus près de quoi il retourne. Parfois, on s'en retourne, parfois on y retourne, encore et encore. Ce sont des histoires d'allers, de détours et de pauses dans lesquels on inscrit nos aventures et mésaventures. Rencontres, impasses, regards, fatigue, étrangeté, repos, tourbillon, instant magique, souvenir...
Kampot se coule paisiblement le long d'un beau fleuve, au pied de la montagne de Bokor. Pas mal déjà comme décor pour exercer un charme certain sur les voyageurs en quête de nature. On voit ici des choses pour la première fois, on s'approche des spécifités en quittant les zones de passage.


Exemple : les moto-remorques comme transport des hommes et des marchandises ou les marchés couverts très particuliers : incroyablement touffus, on a du mal à y circuler. Ils sont sombres et sinueux, les passages pour se déplacer si étroits et si encombrés de toutes sortes de choses non-identifiées qu'on valse entre la curiosité et la répulsion, le pittoresque et l'insupportable. Insupportable saleté, insupportables odeurs au milieu de quoi on tombe sur d'improbables surprises... Impossible à photographier ici, on verra plus tard. Les gens sont tranquilles et chaleureux presque toujours. Mais il y a des comportements qu'on comprend mal, il nous faut sans doute encore du temps. Pour le moment, on est souvent déstabilisés par les réactions, au delà de la barrière de la langue. Les gestes "internationaux" ne marchent pas et souvent, on n'a aucune idée de comment on est perçu.



A vélo, à moto, à pied, on se répand dans les alentours. On découvre ainsi Kep, une ancienne station balnéaire, du bon vieux temps des colonies, qui a été perpétuée par l'élite cambodgienne du début du XXème siècle, qui est aujourd'hui abandonnée. Redevenue ville normale disons, parsemée de maisons en ruine.



Pour l'heure, quelque chose est bien vivant ici : le marché aux fruits de mer du matin. Ici, on pêche du crabe aux pinces bleues, du calamar en abondance et la vente directe à la débarque est un moment bouillonnant de la vie de Kep. On ne peut pas ne pas goûter aux calamars qui grillent sur les petits braseros partout.



Sinon, Kep somnole, les pieds dans l'eau, et nous, on va notre voyage avec ses virages en épingle et ses courbes régénérantes.



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