De Shangri La à Felaï Si, à petits pas vers le Tibet

 

Quand soudain... (on aime bien cette expression, particulièrement quand ne surgit que du presque rien, ce qui n'est pas le cas ici), trois heures de route plus tard, on y est : des collines, des prairies, des yacks, des maisons tibétaines, des shortens. Tout autour le sol ondule, au loin il s'élance franchement vers le ciel, et les pics enneigés préviennent : ça va encore se refroidir. Les premières visions de yacks nous fascinent, et les villages tibétains forcent l'admiration : les maisons, terre claire et bois (troncs d'arbre énormes), de forme légèrement trapézoïdales, massives au point d'intimider, sont pourvues de boiseries peintes et sculptées.


 

Du coup, finesse et puissance s'arrangent bien ici. Les vêtements des gens ont changé d'aspect, les tibétains (majoritaires dans le nord Yunnan) sont bien couverts, les femmes sont emmitoufflées de couleurs vives, il est encore tôt dans la saison et on superpose tout ce qu'on peut. Nous aussi, en moins local.
 

 
Shangri-La est une vaste plaine, en réalité une zone humide plus ou moins innondée selon la saison, entourée de chaînes de hautes montagnes. Ce n'est pourtant encore que le pied du toît du monde! Mais quel pied!  On se lance sur les chemins des alentours. On a le souffle un peu plus court ici à 3200 mètres. On y va tranquillement, on franchit les collines, on découvre des villages, des monastères, des gens charmants. Tout serait presque parfait, hormis le froid du matin et du soir qui est bien là cette fois. On s'offre une petite tranche d'hiver montagnard.
 

 
C'est tellement beau que, malgré nos équipements d'amateurs, malgré les chambres non chauffées alors qu'il doit faire zéro degré ou moins la nuit, malgré les lieux où un poêle tibétain ne réussit pas à réchauffer l'atmosphère car ces gens ne sont pas frileux... Malgré tout ça, on est aux anges, joues rouges, nez violets et doigts blancs. On est tout contents d'entendre le premier "Tashi dele", le salut tibétain. Les mots d'Alexandra David Néel remontent à la surface. Des images lointaines se défroissentt au fur et à mesure qu'on découvre le site. C'est possible ça, qu'on soit là, au milieu d'un cadre tant de fois rêvé dans les pages de cette voyageuse hors du commun ???
 

 
On se munit d'un petit équipement supplémentaire et on profite des thermos d'eau chaude fournis à volonté dans les chambres, des couvertures chauffantes et des couettes. On résiste, et, on s'acclimate. Pas au point de se joindre aux habitants qui, le soir, se réunissent sur les places publiques et dansent lentement, en cercle, sur des musiques locales. En journée il peut faire très chaud, il nous faut jongler avec les couches vestimentaires.
 

 

 

Dans les villages, le travail dans les champs semble être l'activité principale. De petites parcelles familiales, des cultures en terrasses sur les versants escarpés, toujours beaucoup de petites mains au travail, parfois des yacks pour le labour. Ca donne une atmosphère de labeur tranquille, dans le silence de la grande plaine.



En revanche, la ville de Shangri La n'est pas des plus tranquilles, elle s'étend, s'étend frénétiquement, comme d'autres villes traversées. Les chinois bâtissent à tour de bras, à folle allure, des hôtels, supermarchés, banques... On vous en reparlera. Le site est défiguré. Ces deux mondes, la plaine humide rurale et la ville ne vont pas du tout ensemble. Peut-être est-ce à l'image du rapport entre les chinois et les tibétains qui gardent leurs distances. Des européens installés ici avec qui nous avons sympatisés nous ont confirmé que les différents groupes se tolèrent mais ne fusionnent pas. Avec nous, les uns et les autres sont également aimables, avec parfois, cet air surpris qui les fige sur place : ils viennent de voir des extra-chinesques, ça a l'air d'être terrible!

 

 
On décide donc de continuer à monter (en latitude, pas encore en altitude) vers Benzilan, étape avant Deqin. On ajuste notre parcours au jour le jour. D'une part à cause du temps qui peut faire des volte-face, et d'autre part à cause des frontières tibétaines et de celle du Sichuan desquelles on se rapproche. Elles sont fermées au étrangers depuis mars (double anniversaire : révolte des moines de l'an dernier et fuite du Dalaï lama lors de l'invasion chinoise 50 ans plus tôt). Elles doivent ouvrir bientôt. Mais, Bientôt recule de semaine en semaine. Si vous croisez Bientôt, envoyez-le nous.
 

 
A Benzilan, il fait doux, on est à nouveau sur les rives du Yangtsé, et là, il fait encore des exploits. Temba, un moine solitaire rencontré en balade sur les hauteurs, nous conduit par un sentier étroit jusqu'au point où on peut voir ce fameux premier grand virage du fleuve.
 

 
Rien n'arrête le cours de l'eau, elle coule, contourne, saute, ralentit ou se précipite. Ici le Yangtsé prend son temps, fait des courbes de géant. Peut-être veut-il retenir sa puissance, peut-être sait-il ce qui l'attend plus bas, peut-être pressent-il les obstacles qui vont être mis en travers de sa route? En plus du barrage des Trois Gorges bien réél, des projets qui font frémir était en cours dans les gorges du Saut du Tigre... Mais ils ont finalement été annulés avec les pressions écologistes (http://prixreportage-drupal.web3.rue89.com/reportage/la-chine-se-met-ell...).
 

 
On se dirige maintenant vers Deqin, on est trop curieux de voir cette zone, où les sommets sont plus hauts encore. On est bien dans cette ambiance de montagne. On pousse même un peu plus haut pour s'installer quelques jours à Felaï Si, 3500 mètres. Pourquoi? Parce qu'il y a là un Sacré personnage, le mont Kawa Karpo, 6700 mètres.
 

 

C'est une montagne tibétaine, lieu de pelerinage et d'offrandes. Shortens, drapeaux de prières qui claquent au vent.


 

 
C'est l'endroit pour goûter d'un peu plus près le Tibet car, en fin de compte, on n'ira pas plus loin dans cette direction. Trois jours durant, on tourne autour de cette chaîne de montagne, pour la voir de toutes les façons possibles.
 

Le temps dégagé est avec nous, nos fenêtres donnent sur une vue extraordinaire. Le matin, les premiers rayons allument les pics un à un. Puis, le brouillard arrive et les montagnes s'éteignent doucement. Nous aussi, on s'efface vers la vallée, là où les températures s'assagissent.

 

 
Un petit thé au beurre de Yack avant de s'en aller. Bien chaud c'est plutôt bon, à prendre comme une boisson salée au petit goût de fromage (peut-être pas au saut du lit...). Voilà, le froid nous a suffisamment griffé, il est temps de mettre un terme à notre hiver.

 

Avant de se quitter... En voyage les empilements de souvenirs encore frétillants se mixent et se font des crocs en jambe. Ils n'ont pas eu encore le temps de se trouver une bonne place et se bagarrent pour accéder au sommet... Alors, on joue avec eux, on les déplace du haut vers le bas, de gauche à droite, on recommence mille fois, et de temps en temps, on fait un arrêt sur image. Comment privilégier les élephants ou les yacks? Pas possible, ils resteront ensemble, les éléfantiacs.

en Asie

je ne savais pas qui neiger vers le Tibet.

se nes pas la meme nouriture

se nes pas la meme nouriture que nous?

les elephants

se que vous nous avez montrer sur les elephants sont tres impressionnant l'entrer ou il y avez des boudhiste est tres belle les yacht sont beaux aussi.

kassy

grandiose !!!!! et voilà

grandiose !!!!!
et voilà que je pleure à l'image du fleuve qui contourne la montagne...... je ne sais ce qui me frappe à ce point...... peut-être la taille du fleuve...... la solitude..... l'immensité.....
bon dieu ! quel pays !
béatrice

Poster un nouveau commentaire

  • Les adresses de pages web et de messagerie électronique sont transformées en liens automatiquement.
  • Allowed HTML tags: <a> <em> <strong> <cite> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plus d'informations sur les options de formatage

CAPTCHA
Cette question sert à tester si vous êtes un visiteur humain et non un robot.
2 + 8 =
Donnez la solution de ce petit problème de math. Par exemple, pour 1+3, entrez 4.